Accéder au contenu principal

LE LABYRINTHE DES ESPRITS

"Cette nuit j’ai rêvé que je retournais au Cimetière des Livres Oubliés. J’avais de nouveau dix ans et je me réveillais dans mon ancienne chambre pour sentir que le souvenir du visage de ma mère m’avait abandonné. Et je savais, comme on sait les choses dans les rêves, que c’était ma faute, seulement la mienne, parce que je ne méritais pas de m’en souvenir et je n’avais pas été capable de la venger". Le dernier volume tant attendu de la saga aux 50 millions de lecteurs, commencée avec L'Ombre du vent. Magistral final du Cimetière des livres oubliés
Ruiz Zafon cimetière des livres oubliés assasinat Espagne
Lire maintenant
Auteur :





Cette nuit j’ai rêvé que je retournais au Cimetière des Livres oubliés. J’avais de nouveau dix ans et je me réveillais dans mon ancienne chambre pour sentir que le souvenir du visage de ma mère m’avait abandonné. Et je savais, comme on sait les choses dans les rêves, que c’était ma faute, seulement la mienne, parce que je ne méritais pas de m’en souvenir et je n’avais pas été capable de la venger.
Mon père entrait, alerté par mes cris d’angoisse. Mon père, qui dans mon rêve était encore jeune et en possession de toutes les réponses du monde, me prenait dans ses bras pour me consoler. Puis, alors que les premières lumières peignaient une
Barcelone embuée, nous sortions dans la rue. Pour une raison que je ne parvenais pas à comprendre, mon père ne m’accompagnait que jusqu’au porche. Puis, il me lâchait la main et me faisait comprendre que c’était là un voyage que je devais faire seul.
Je commençais à marcher, mais je me souviens que mes vêtements, mes chaussures, ma peau même me pesaient. Chacun de mes pas exigeait un effort plus important que le précédent. En arrivant sur les Ramblas je remarquais que la ville était comme suspendue dans un instant sans fin. Les gens s’étaient arrêtés de marcher et ils paraissaient figés comme des silhouettes sur une vieille photographie. Une colombe qui prenait son envol n’esquissait qu’un dérisoire battement d’ailes flou. Des brises de pollen flottaient immobiles dans l’air comme une poudre de lumière. L’eau de la fontaine de Canaletas étincelait dans le vide comme un collier de larmes de cristal.
Lentement, presque comme si j’essayais de marcher sous l’eau, je réussissais à pénétrer dans la magie de cette Barcelone immobilisée dans le temps et à atteindre le Cimetière des Livres oubliés. Je m’arrêtais, épuisé. Je ne parvenais pas à comprendre ce qu’était cette charge invisible que je traînais avec moi et qui m’empêchait presque de marcher. Je saisissais le heurtoir et cognais à la porte, mais personne ne venait m’ouvrir. Je frappais plusieurs fois de mes poings le grand portail en bois, mais le gardien ignorait ma supplique. Épuisé, je tombais à genoux. Seulement alors, en examinant le sortilège que j’avais traîné sur mon passage, j’étais assailli par la terrible certitude que la ville et ma destinée demeureraient figées à jamais dans cet envoûtement et que je ne pourrais plus me rappeler le visage de ma mère.

Lu : Non
Chronique : Non

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

PIQUE NIQUE A HANGING ROCK

14 février 1900, Australie. L'’été touche à sa fin. Les jeunes pensionnaires de Mrs Appleyard attendent depuis des mois ce pique-nique annuel, non loin de Hanging Rock. Revêtues de leurs mousselines légères, elles partent dans une voiture tirée par cinq chevaux bais magnifiques. Après le déjeuner, les demoiselles s’assoupissent à l’ombre des arbres. Mais quatre d’entre elles, plus âgées, obtiennent la permission de faire une promenade. Enivrées par cet avant-goût de liberté, elles franchissent un premier ruisseau... puis disparaissent dans les hauteurs. Quand, tard dans la nuit, la voiture regagne le pensionnat, trois jeunes filles manquent à l’'appel. Lire maintenant Auteur : Joan Lindsay Série Editeur : Le livre de poche Date parution : 11/05/2016 Format : Ebook Première page Tout le monde fut d’accord pour dire que c’était une journée parfaite pour pique-niquer à Hanging Rock – une scintillante matinée d’été, chaude et paisible ; pendant tout le petit déjeu...

LE NOIR QUI INFILTRA LE KU KLUX KLAN

«Tout a commencé un jour d'octobre 1978. Inspecteur à la brigade de renseignement de la police de Colorado Springs, j'avais notamment pour mission de parcourir les deux quotidiens de la ville à la recherche d'indices sur des activités subversives. Les petites annonces ne manquaient jamais de m' étonner. Parfois, entre stupéfiants et prostitution, on tombait sur un message qui sortait de l'ordinaire. Ce fut le cas ce jour-là. Ku Klux Klan Pour toute information : BP 4771 Security, Colorado 80230 Moi qui voulais de l'inhabituel, j'étais servi. J'ai décidé de répondre à l'annonce. Deux semaines plus tard, le téléphone a sonné. "Bonjour, je suis chargé de monter la section locale du Ku Klux Klan. J'ai reçu votre courrier." Merde, et maintenant je fais quoi?» Lire maintenant Auteur : Ron Stallworth Série Éditeur : Autrement Date parution : 22/08/2018 Format : Ebook Première page 1. Coup de fil du Klan Tout ...

LE GRAND VOYAGE D'EDGAR, AVENTURIER MALGRÉ LUI

Découvrez les nouvelles aventures d'Edgar, chat acariâtre avec le tome 3 du Journal intime d'un chat acariâtre ! Edgar voyage... C'est le jour du grand départ en vacances pour Edgar et sa famille, direction la Thaïlande ! Partir si loin de chez lui est un véritable cauchemar pour notre chat acariâtre si casanier. Lui, le chat de luxe, va devoir voyager en soute, dans une cage au milieu d'autres animaux plus ou moins exotiques, supporter la chaleur moite d'une île thaïe, découvrir de nouvelles odeurs, prendre de nouvelles habitudes... Mais, peu après son arrivée, lors d'une promenade autour de l'hôtel, Edgar se perd. Il erre, seul dans la jungle, avant d'enfin trouver refuge dans un temple, accueilli par une communauté de chats sauvages, au milieu de moines bouddhistes... Un voyage initiatique pour Edgar, un dilemme entre vivre en liberté ou prisonnier du confort citadin (mais d'un délicieux canapé si moelleux....) Une véritab...